A première vue, la liberté consiste donc à pouvoir faire ce qu’on veut.
C’est la liberté d’agir.
Hobbes a défini ainsi la liberté :
Le mot LIBERTÉ désigne proprement
l’absence d’opposition (par opposition, j’entends les obstacles au extérieurs
au mouvement), et peut être appliqué aux créatures sans raison ou inanimées
aussi bien qu’aux créatures raisonnables. Si en effet une chose quelconque est
liée ou entourée de manière à ne pas pouvoir se mouvoir, sauf dans un espace
déterminé, délimité par l’opposition d’un corps extérieur, on dit que cette
chose n’a pas la liberté d’aller plus loin. C’est ainsi qu’on a coutume de dire
des créatures vivantes, lorsqu’elles sont emprisonnées ou retenues par des murs
ou des chaînes, ou de l’eau lorsqu’elle est contenue par des rives ou par un
récipient, faute de quoi elle se répandrait dans un espace plus grand, que ces
choses n’ont pas la liberté de se mouvoir de la manière dont elles le feraient
en l’absence d’obstacles extérieurs. Cependant, quand l’obstacle au mouvement
réside dans la constitution de la chose en elle-même, on a coutume de dire
qu’il lui manque, non pas la liberté, mais le pouvoir de se mouvoir ;
c’est le cas lorsqu’une pierre gît immobile ou qu’un homme est cloué au lit par
la maladie.
D’après le sens propre (et généralement admis) du mot, un HOMME LIBRE est celui
qui, s’agissant des choses que sa force et son intelligence lui permettent de
faire, n’est pas empêché de faire celles qu’il a la volonté de faire.
Thomas Hobbes, Léviathan
(1651), II, 21
Bref : il faut distinguer liberté et puissance : ne
pas pouvoir voler comme un oiseau ou ne pas être capable de comprendre les
équations d’Einstein n’est pas un manque de liberté mais de puissance.
Etre libre d’agir, c’est donc ne pas être empêché de faire ce qu’on peut
et veut faire.
L’homme est condamné à être libre
Sartre prend le contre-pied de cette idée. Prolongeant la théorie des
stoïciens, il affirme que l’homme est parfaitement libre, car il n’existe pas
de nature humaine, ni de Dieu, ni d’inconscient, ni aucune excuse de la sorte
qui nous permettrait de nous défausser de notre liberté et de notre
responsabilité fondamentales.
L’homme est donc libre, absolument libre, car libre de se créer lui-même.
En effet l’homme n’est pas ce qu’il est mais ce qu’il fait. « L’existence
précède l’essence. » La nature humaine n’existe pas car l’homme n’est rien
d’autre que la somme des ses actes.
La seule chose dont nous ne sommes pas libres, c’est donc de renoncer à
notre liberté. D’où la formule de Sartre : « L’homme est condamné à
être libre. »
Dostoïevski avait écrit :
« Si Dieu n’existait pas tout serait permis. » C’est là le point de
départ de l’existentialisme. En effet, tout est permis si Dieu n’existe pas, et
par conséquent l’homme est délaissé, parce qu’il ne trouve ni en lui, ni hors
de lui une possibilité de s’accrocher. Il ne trouve d’abord pas d’excuses. Si,
en effet, l’existence précède l’essence, on ne pourra jamais expliquer par
référence à une nature humaine donnée et figée ; autrement dit, il n’y a
pas de déterminisme, l’homme est libre, l’homme est liberté. Si, d’autre part,
Dieu n’existe pas, nous ne trouvons pas en face de nous des valeurs ou des
ordres qui légitimeront notre conduite.
Ainsi nous n’avons ni derrière nous, ni devant nous, dans le domaine lumineux
des valeurs, des justifications ou des excuses. Nous sommes seuls, sans
excuses. C’est ce que j’exprimerai en disant que l’homme est condamné à être
libre. Condamné, parce qu’il ne s’est pas créé lui-même, et cependant libre,
parce qu’une fois jeté dans le monde, il est responsable de tout ce qu’il fait.
Jean-Paul Sartre (1905-1980), L’Existentialisme
est
Voulons-nous vraiment être libres ?
Concernant la liberté intérieure, il est intéressant de remarquer que
l’homme ne désire pas vraiment cette liberté. La liberté de penser par soi-même
est un fardeau qui fait peser une lourdre responsabilité sur nos épaules, et il
est bien plus facile de fuir cette liberté en pensant comme tout le monde et en
se réfugiant dans l’idéologie du moment.
Ainsi selon Kant, paresse et lâcheté sont les causes de notre
persistante aliénation mentale.
2. L’aliénation
Ceci permet de comprendre les multiples formes d’aliénation : outre
l’idéologie, il y a la soumission quotidienne à l’opinion et aux valeurs
dominantes : l’homme moderne a tendance à penser comme « On »
pense, à lire ce qu’« On » lit, à parler de ce dont « On »
parle, etc.
Martin Heidegger, philosophe existentialiste, a élaboré cette théorie de
l’aliénation, qui prolonge la théorie de Marx.
On trouve également chez Kierkegaard, précurseur de l’existentialisme,
cette formule : « La foule, c’est le mensonge. »
Enfin, si vous êtes intéressés par ce regard critique sur l’homme
contemporain, je vous recommande chaudement la lecture de la très courte
nouvelle de Tolstoï intitulée La Mort d’Ivan Illich et qui résume bien
plus agréablement que n’importe quel ouvrage philosophique l’attitude que
dénoncent les existentialistes.
Pour désigner notre refus de la liberté, Kundera parle d’une insoutenable
légèreté de l’être, titre de l’un de ses romans.
On retrouve cette idée un peu partout :
- Chez Dostoïevski :
« Il n’y a rien de plus séduisant pour l’homme que le libre arbitre,
mais aussi rien de plus douloureux. » (Les Frères Karamazov,
V, V : « Le Grand Inquisiteur »)
- Chez Albert Camus :
« J’ai appris moi aussi que j’avais peur de la liberté. Vive donc le
maître, quel qu’il soit, pour remplacer la loi du ciel. » (La
Chute)
Et enfin chez Hegel, avec qui nous pouvons conclure : « Il est
plus facile d’être esclave que maître. »un humanisme (1946)
à retenir
- Premièrement, il faut être
extrêmement prudent dans l’interprétation des résultats de la science en
général et de la mécanique quantique en particulier, car les scientifiques
eux-mêmes n’y comprennent pas grand-chose et les philosophes encore moins
(en général).
- Deuxièmement, les conclusions
à tirer de la mécanique quantique sont loin d’être claires. On peut penser
que ces modèles statistiques ne prouvent pas quelque
indétermination fondamentale que ce soit mais témoignent seulement de
notre incompréhension des mécanismes fondamentaux, un peu comme si on
décrivait le lancer d’un dé par une loi statistique faute de pouvoir
calculer sa trajectoire exacte et de prédire ainsi le résultat de
l’expérience. D’ailleurs Einstein lui-même est toujours resté
déterministe, malgré les succès de la mécanique quantique :
« Dieu ne joue pas aux dés », disait-il.
- J’ajouterais même que le fait
qu’une loi statistique s’applique prouve, en un sens, l’existence d’un
déterminisme à l’œuvre. Pour reprendre l’exemple simple du dé, celui-ci ne
sera régi par une loi statistique que s’il est parfaitement symétrique ;
il suffit qu’il soit déséquilibré ou déformé pour que les résultats soient
faussés. Peut-être que si la nature était véritablement indéterminée les
lois statistiques (loi des grands nombre notamment) elles-mêmes ne
pourraient la décrire.
Le déterminisme est une hypothèse métaphysique, au sens où elle ne peut
sans doute pas être tranchée par l’expérience. Plus précisément, on ne pourra
jamais prouver que le monde est déterminé. Même un très grand nombre de
causes produisant toujours les mêmes effets ne prouveront jamais qu’il n’est
pas possible qu’un autre résultat surgisse à la prochaine expérience.
En revanche, on pourrait bien démontrer l’indéterminisme : il
suffirait de réaliser deux expériences rigoureusement identiques et d’observer
deux résultats différents. Le seul problème, mais il est de taille, est que
nous ne parviendrons sans doute jamais à produire deux expériences
rigoureusement identiques. Souvenez-vous de Pascal : il n’y a pas deux
grains de raisins identiques…
Ces difficultés étant soulignées, j’insisterai sur un dernier point, un
argument philosophique cette fois : c’est qu’il nous est très difficile
d’imaginer l’indéterminisme. Quand on y pense, l’idée qu’une même cause puisse
produire deux effets différents est très difficilement concevable, elle heurte
l’esprit scientifique dans son fondement même. D’où viendrait, en effet, la
différence ? Peut-être est-ce là un préjugé, mais nous ne sommes guère
capables de renoncer à l’hypothèse déterministe. Remettre en cause le déterminisme,
c’est remettre en cause l’idée même de causalité…
B. Le libre arbitre
Commençons par exposer la conception de la liberté qui s’oppose au
déterminisme : la liberté comme libre arbitre. Je distinguerai ici deux
types de libre arbitre.
1. La liberté comme acte gratuit
Souvenez-vous : la liberté métaphysique, la liberté de la volonté, a
été conçue par un déplacement du concept de liberté des actions vers la
volonté. Or la liberté d’action était définie comme l’absence d’entraves ;
par suite on conçut naturellement la liberté de la volonté aussi comme absence
d’entrave, absence de détermination.
Si ma volonté est influencée par mes parents, mes amis, mes professeurs ou
la télévision, je ne suis pas libre, je suis aliéné. En suivant ce fil de
pensée certains philosophes en sont venus à imaginer que la liberté de la
volonté réside dans son indépendance absolue à l’égard de toute cause. L’acte
libre serait l’acte gratuit, c’est-à-dire un acte sans cause ni raison,
qui échapperait à la grande chaîne de la causalité. La liberté serait cette
capacité humaine, un peu miraculeuse, d’initier une chaîne causale à
partir de rien. Le modèle de cette liberté est la liberté divine qu’aurait eue
Dieu de se créer lui-même : selon les théologiens Dieu est causa
sui, cause de soi, ce qui existe par soi-même.
Le romancier André Gide avait une telle conception de la liberté :
J’ai longtemps pensé que c’est là
ce qui distingue l’homme des animaux, une action gratuite… Et comprenez qu’il
ne faut pas entendre par là une action qui ne rapporte rien, car sans cela… Non
mais gratuit, un acte qui n’est motivé par rien. Comprenez-vous ? Intérêt,
passion, rien… L’acte désintéressé ; né de soi ; l’acte aussi sans but ;
donc sans maître ; l’acte libre, l’acte autochtone.
André Gide, Le Prométhée mal
enchaîné
André Gide a mis en scène une telle liberté dans son roman Les Caves du
Vatican : alors qu’il est dans un train, le héros, Lafcadio, décide de
commettre un acte – un meurtre – à partir de raisons purement
arbitraires :
– Là, sous ma main, cette double
fermeture – tandis qu’il est distrait et regarde au loin devant lui – joue, ma
foi ! Plus aisément encore qu’on eût cru. Si je puis compter jusqu’à
douze, sans me presser, avant de voir dans la campagne quelque feu, le tapir
est sauvé. Je commence : Une ; deux ; trois ; quatre ;
(lentement ! lentement !) cinq ; six ; sept ;
huit ; neuf… Dix, un feu…
André Gide, Les Caves du Vatican
Mais cet acte est-il vraiment gratuit ? Il a bien une cause : la
lumière dans la campagne. Et il y a même une volonté à l’origine de cet
acte : prouver que l’homme est libre.
De plus, que vaut une telle liberté ? C’est la liberté de prendre nos
décisions au hasard. Il faut bien comprendre que cette idée ne nous intéresse
guère. Certes, il serait beau, en un sens, de pouvoir prouver que l’homme a la
capacité d’échapper au déterminisme universel de la nature, mais nous ne
voulons pourtant pas que nos décisions soient prises de manière aléatoire en
nous-mêmes !
Conclusion : l’acte gratuit n’existe sans doute pas, et surtout il ne
nous intéresse pas.
La philosophie déterministe
Spinoza est le philosophe déterministe le plus célèbre.
Pour lui, le monde est déterminé. Et l’homme n’est pas un empire dans un
empire. Il n’est qu’une partie de la nature. Et par conséquent il est
déterminé, comme toute chose.
Le libre arbitre n’existe donc pas. C’est une illusion. L’homme se croit
libre car il ignore les causes qui le déterminent à agir et à désirer.
Reprenons notre exemple du début : je me crois libre de déplacer ma
main à gauche ou à droite uniquement parce que je ne perçois pas le
déterminisme à l’œuvre qui me poussera fatalement à accomplir l’un ou l’autre
de ces mouvements. En réalité je ne suis absolument pas libre de cela. Il était
déterminé, de toute éternité, que j’allais déplacer ma main, par exemple,
d’abord à gauche puis à droite.
Pour illustrer son propos, Spinoza prend l’image de la pierre. L’homme est
comme une pierre qui tombe, et qui se croit libre uniquement parce qu’il a
conscience de son mouvement sans avoir conscience des causes qui le poussent à
suivre un tel mouvement. Plus tard, Wittgenstein prendre l’image d’une feuille
morte tombant à terre pour illustrer la même idée.
Mais descendons aux choses créées
qui sont toutes déterminées par des causes extérieures à exister et à agir
d’une certaine façon déterminée. Pour rendre cela clair et intelligible,
concevons une chose très simple : une pierre par exemple reçoit, d’une
cause extérieure qui la pousse, une certaine quantité de mouvement et,
l’impulsion de la cause extérieure venant à cesser, elle continuera à se
mouvoir nécessairement. Cette persistance de la pierre dans le mouvement est
une contrainte, non parce qu’elle est nécessaire, mais parce qu’elle doit être
définie par l’impulsion d’une cause extérieure. Et ce qui est vrai de la
pierre, il faut l’entendre de toute chose singulière, quelle que soit la
complexité qu’il vous plaise de lui attribuer, si nombreuses que puissent être
ses aptitudes, parce que toute chose singulière est nécessairement déterminée
par une cause extérieure à exister et à agir d’une certaine manière déterminée.
Concevez maintenant, si vous voulez bien, que la pierre, tandis qu’elle
continue de se mouvoir, pense et sache qu’elle fait un effort, autant qu’elle
peut, pour se mouvoir. Cette pierre, assurément, puisqu’elle a conscience de
son effort seulement et qu’elle n’est en aucune façon indifférente, croira
qu’elle est très libre et qu’elle ne persévère dans son mouvement que parce
qu’elle le veut. Telle est cette liberté humaine que tous se vantent de
posséder et qui consiste en cela seul que les hommes ont conscience de leurs
appétits et ignorent les causes qui les déterminent.
Baruch Spinoza, Lettre à
Schuller
Toutefois, la vision déterministe des choses n’empêche nullement de
concevoir une certaine liberté. Au contraire, cela nous permet de repenser la
liberté et de mieux comprendre ce que nous entendons véritablement par ce mot.
1. Liberté et déterminisme ne s’opposent pas
Premier point : il n’y a pas d’opposition entre déterminisme et
liberté, et ce pour plusieurs raisons :
- La liberté n’est pas le
hasard. Comme nous l’avons dit plus haut, la liberté n’est pas
l’indéterminisme. Ce qui nous intéresse n’est pas que nos décisions soient
prises au hasard, mais selon une modalité propre, qui nous convienne…
- La détermination n’est pas la
contrainte. La liberté est l’absence d’entraves extérieures, mais non pas
de toute détermination, et en particulier la liberté n’est pas l’absence
de détermination intérieure. Au contraire, Spinoza définit l’acte libre
comme celui qui est déterminé intérieurement.
- On peut même dire que le
déterminisme est la condition de la liberté : pour pouvoir agir,
il faut que le bras obéisse à la main ; il faut que le monde soit
régulier et prévisible ; enfin pour être libre il faut être,
il faut exister, il faut être quelque chose. La liberté divine de
s’auto-créer est un mythe inconcevable. On ne peut parler de liberté qu’à
partir d’un être donné. La facticité (être ce que je suis, tel que je
suis, ici et maintenant) est la condition de la liberté.
2. Vers une nouvelle conception de la liberté
Finalement le déterminisme nous pousse à repenser la liberté.
Il nous fait prendre conscience du fait que la liberté n’est pas l’absence
de toute détermination mais l’existence d’un certain type de déterminisme.
Précisons deux points essentiels.
Premièrement, la liberté ne consiste pas à supprimer le déterminisme (ce
qui serait complètement impossbible) mais à prendre conscience des déterminismes
afin d’orienter notre action en fonction de ces données. Ici le contre-exemple,
le repoussoir, est la mouche : la pauvre sotte passe sa journée à butter
contre la vitre qu’elle ne voit pas.
Les stoïciens nous invitent à ne pas être des mouches dans la vie de tous
les jours. C’est-à-dire à accepter le destin, c’est-à-dire accepter la
nécessité. Cela veut dire d’abord distinguer ce qui dépend de nous et ce qui
n’en dépend pas et accepter ce qui ne dépend pas de nous.
Attention ! Il ne faut pas confondre déterminisme et fatalisme.
Comme l’a bien souligné Alain, le déterminisme est en vérité le contraire du
fatalisme. Selon le fatalisme, quoi que nous fassions nous subirons le même
sort. Selon le déterminisme au contraire, chacun de nos actes compte et
détermine notre avenir. Le monde est déterminé, mais par nous-mêmes !
Deuxièmement, dans la lignée de Spinoza, Bergson définit la liberté comme
l’adhésion à soi-même. L’homme libre est celui qui est en accord avec
lui-même et qui sait ce qu’il veut. L’acte libre est celui qui exprime notre
personnalité profonde et dans lequel nous pouvons nous reconnaître. Par
opposition, l’homme aliéné est celui qui est embrouillé, qui n’a pas tiré les
choses au clair et ne sait pas ce qu’il veut ; l’acte accompli sous
influence est celui qui ne nous ressemble pas et dans lequel nous ne pouvons
pas nous reconnaître, car nous n’en sommes pas véritablement la cause.
Finalement, selon cette conception la liberté se conquiert par un travail
de clarification opéré sur soi. On pourrait dire que pour être libre il faut
suivre l’injonction de Nietzsche : « Deviens ce que tu
es ! »
Conclusion
Pour conclure, il y a deux grandes manières de penser la liberté :
- On peut penser la liberté à
partir de la spontanéité. On verra alors dans la liberté un
sentiment subjectif de faire ce que l’on veut, et on pourra être mené à
penser la liberté comme libre arbitre ou comme puissance. Le fou et le sot
offrent peut-être des figures percutantes de cette liberté !
- On peut penser la liberté
comme obéissance à la raison. Alors la liberté n’est plus à
chercher dans le hasard ou la folie, mais au contraire dans la sagesse,
dans la lucidité et la conscience des nécessités du monde.
La liberté, c’est l’absence de mur. Il y a donc deux manières d’être
libre : briser les murs (première solution) ou les contourner (deuxième
solution). On peut concilier les deux approches : les stoïciens
recommandent de distinguer les murs inébranlables des autres afin de concentrer
nos coups de marteaux sur ces derniers.
Citations
Si Dieu n’existe pas, tout est
permis. (Dostoïevski)
Ma liberté s’arrête là où commence
celle d’autrui.
La liberté consiste à pouvoir faire
tout ce qui ne nuit pas à autrui. (DDHC, art. 4)
L’obéissance à la loi qu’on s’est
prescrite est liberté. (Rousseau)
L’homme est né libre et partout il
est dans les fers. (Rousseau)
La liberté ou la mort !
J’ai appris moi aussi que j’avais
peur de la liberté. Vive donc le maître, quel qu’il soit, pour remplacer la loi
du ciel. (Camus, La Chute)
Il est plus facile d’être esclave
que maître. (Hegel)
Sujets apparentés
- Ma liberté exclut-elle celle
des autres, ou bien la suppose-t-elle ?
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peut-il se faire sans contraintes ?
- La loi constitue-t-elle, pour
la liberté, un obstacle ou une condition?
- Que recherche-t-on en
réclamant toujours plus de liberté ?
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liberté ?
- En quoi suis-je concerné par
la liberté des autres ?
- Exiger l’obéissance, est-ce
nécessairement porter atteinte à la liberté ?
- Faire son devoir, est-ce
renoncer à sa liberté ?
- La liberté se définit-elle
comme un pouvoir de refuser ?